| |
À OLGA
tu crépites et galopes,
tu voudrais des ailes
pour embrasser
le monde entier
ton torrent d'énergie
m'assoiffe
et ta passion
m'envoûte
tu es comblée
par ton pelage
autant qu'armée
pour l'orage
tu as déjà,
ma princesse,
la sagesse,
et nous,
la folie.
d'un bout à l'autre
pas une seconde à perdre
ton museau s'éveille
et tu t'égayes.
Petite déesse dis moi...
pourquoi je dois,
seule
m'évertuer autant,
courir éperdument ?
Si seulement nous pouvions
nous emballer toi et moi...
Nous irions en carrosse
sur des routes escarpées
flairer l'humanité
d'un continent blessé
Et sinon...
Assise, ou couchée,
viens rêver !
Evades-toi ma belle,
et balances tes ailes
pour traverser l'horizon
aux seuls sons des violons.
(décembre 2008)
|
INTERMÈDE
Des mots qu'on n'a pas dits,
des virgules qui se sont tues,
et subitement un point qui raccroche.
A quoi bon bâtir un pont
entre l'insouciance qui s'endort
et une douleur qui s'éveille...
Les voix s'effacent
et c'est la nuit qui doit parler enfin,
prononcer le noir,
décliner les alouettes
de l'arc d'un ciel
que personne n'entend...
Et le rien s'égare
d'un silence à l'autre
aujourd'hui.
La pluie tambourinera d'un côté
pendant que le soleil
sur l'autre bord
enflammera les croix
de ceux-là qui croyaient
que le temps n'existe plus.
(nov. 2004)
|
|
| |
MIRAGES
archet parti
sans laisser d'adresse
plutôt ça
que va
pour l'orgue
sans point
assis sur des rêves
j'attends
le train avide
de si seulement
la lune vibre à mes peurs
à en tomber
j'écoute le ballet
du comment
jusqu'au pourquoi
énigme vertigineuse
d'un temps décomposé.
(fév. 2005)
|
D'UN NON-ANNIVERSAIRE
La lumière s'éteint
et l'ombre va entrer en scène.
Il faut souffler vite
car le rideau va s'abaisser.
Le représentation reprendra.
Peut-être.
Plus tard, au fond des coulisses
on fêtera les vingt ans
de nos cheveux d'albâtre.
On n'entendra plus le compte à rebours.
On échange un dossier,
une carte de visite,
un lot de paroles
pour un temps raisonnable,
du jour à la journée
juste le prix d'une nuit blanche.
Et puis plus tard le noir,
les amuse-gueules pour le voyage,
un bonjour au notaire,
un rendez-vous manqué,
et puis un train qui part.
Le rideau est tombé.
Mais au fait, où allons-nous ?
Apportez-moi la terre,
donnez-moi un couteau,
les aiguilles affûtées des pendules,
des rires et des larmes,
une foi insécable,
l'air pur de la petite enfance.
Et puis laissez entrer le vent.
C'est bien lui qui modèle les vies
à leurs oeuvres pareilles,
et façonne des oeuvres
semblables à nulle vie.
(sept. 2004) |
|